Analyse de l'oeuvre

 

                Etant donné la présence du pronom « je » et la probabilité que Jean Girard ait connu la guerre mondiale, il est possible voire probable que L’invasion allemande vue par un enfant soit inspirée de ses souvenirs. De plus, le narrateur est lui-même un enfant, ce qui nous donne un indice supplémentaire.

                On remarque également l'anonymat du héros qui d'une part nous permet de mieux nous identifier, mais qui nous offre un nouvel indice sur son identité, que l'on peut rapprocher de celle de l'auteur.

            

                Dès le premier paragraphe, une antithèse entre « le silence » et le soleil qui renvoient à quelque chose de calme, paisible, une ambiance agréable et « la sombre angoisse » que ressent le narrateur installent une atmosphere stressante. L'attente, l'inquiétude, sont omniprésentes dans les premiers paragraphes.

               Le décor est d’emblée posé au tout début, ligne 1 : on nous donne une date précise : le 17 juin 1940. Dans ce contexte, on pourrait s'attendre à une vision péjorative de la guerre. Or on se rend compte qu'une entente a existé entre les deux camps, ce qui élargi notre façon d'appréhender cette période c'est à dire que les souvenirs de la mémoire collective viennent de plusieurs horizons. Des détails de la vie de tous les jours rendent ce récit concret. On trouve par exemple un témoignage des difficultées rencontrées où le narrateur nous parle des pénuries alimentaires et des problèmes qui en découlent : « Il y a encore de la farine !! », « tenter d’obtenir ».

 

                Les Allemands ne sont pas désignés explicitement au début de l’histoire (« les voilà »), le lecteur ne le découvre qu’après, même si cela est évident compte tenu du contexte. L'apparition des voitures blindées puis des chars fait ressurgir la peur, l'angoisse des habitants : « c'est pas terminé s'inquiéta ma tante », « devinant notre anxieté ».

           Le lecteur ressent ce qu'un un enfant impressionné aurait ressenti face à la puissance des chars qu'il compare à un déferlement de brontosaures.

 

                   Le vocabulaire des personnages relève presque du campagnard par moment, ce qui renforce une impression de réel déjà présente.

                On trouve également de nombreuses indications de lieu comme « le Doubs », « Roche »,… Ce qui nous permet de situer l’histoire en Franche-Comté et la rendre plus concrète pour les lecteurs. C’est un procédé qui permet de faire perdurer la mémoire en s’identifiant plus facilement.

 

 

 

Comment cette nouvelle participe-t-elle à la mémoire collective ?

           Tout d’abord, on s’identifie au personnage, ses souvenirs sont les nôtres, on ressent ses émotions, on vit son passé, on voit à travers ses yeux. Ce n’est pas un texte subjectif,  il nous aide malgré cela à comprendre ce qui s’est passé ainsi que les réactions des personnes.

             Novillars n’était et n’est toujours pas un grand village, de ce fait, ce texte est utile pour comprendre ce que les habitants de ces quartiers ont vécu, leurs façons de réagir. Ce qu'ils ont vécu, ils ne les ont pas forcément dévoilé mais Jean Girard nous les transmet dans cette nouvelle.

            Ses souvenirs personnels, ceux de quelques personnes ou même des souvenirs basés sur un livre d’histoire, deviennent ceux de toute une région.