Le Tableau de la Rafle

                       Cette œuvre constitue un témoignage peu connu, qui permet pourtant d’ancrer un évènement important dans nos mémoires. Lorsque l’on regarde ce tableau,  on peut facilement imaginer cette scène atroce, qui rappelle étrangement la Rafle du Vel d’Hiv et se forger un souvenir qui n’est pas le nôtre.

"La Rafle" de Hildebrando Moro, 1989, collection de St-Claude

Image3

 

             Dans le cadre de l’opération Frühling (qui signifie printemps), la division allemande 157, qui s’est illustrée en mars 44 dans les maquis des Glières, entreprend en avril 44 de « nettoyer » le Haut-Jura et le Haut-Bugey (Ain) des maquis et de leurs soutiens dans la population, ainsi que des réfractaires au STO. Le 9 avril, plus de 1 500 hommes convoqués ou raflés dans les environs sont rassemblés sur la place du Pré à Saint-Claude. À l’issue d’un tri dirigé par Klaus Barbie, 302 sont déportés ; 186 ne reviendront pas.

 

            On peut voir que les villageois sont rassemblés et "triés" comme un troupeau. D'autre part, on perçoit un manque de couleur : peut-être une volonté de l'auteur ?

            On perçoit aussi une certaine violence : un soldat allemand brutalisant homme au centre du tableau et les officiers semblent très agités.

            Sur ce tableau peint de mémoire en 1989, Hildebrando Moro a représenté la rafle du 9 avril 1944 à Saint-Claude, dont il fut lui-même victime. 

           Ce tableau est peint de mémoire, on a donc un ressenti de la part du peintre (c'est donc une toile subjective), ce qui en fait une mémoire personnelle et donc un témoignage de cette mémoire. Il a été rendu public, il fait donc partie de la mémoire collective.

 

 

 

CONCLUSION DE LA PARTIE II :

                Ces témoignages apportent différentes visions de la Seconde Guerre Mondiale et permettent de varier les ressentis. Les supports varient : les lettres, la tradition orale, les tableaux, même la propagande permet de faire subsister la mémoire collective. Ceux qui ont vécu ces évènements sont de moins en moins nombreux. Les témoignages écrits en grande partie mais aussi les histoires de père en fils permettent de garder une trace de ce qu’ils ont vécu pendant cette période.

×